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Sauvegarder - Mettre en valeur

          Ce sont les deux volets de l’action de l’AVA, comme le rappelait l’éditorial du bulletin n° 31 de janvier 1997 :

 

    « Identifier les éléments du patrimoine naturel et urbain de notre commune,

    « apprécier ces valeurs actuelles et permanentes, aux plans physique, fonctionnel,        

    « esthétique et culturel,

    « pour décider ce qui doit être maintenu, amélioré, transformé ou détruit,

    « réaménager le cadre naturel et urbain des éléments de ce patrimoine, en fonction d’une

    «  part de l’existant ainsi évalué, et d’autre part des besoins actuels et futurs de la

    «  commune,

    « afin que le patrimoine hérité et le patrimoine qui se constitue tous les jours et

    «  continuera à s’enrichir se mettent réciproquement en valeur pour améliorer le cadre 

    «  de vie.

 

    « Ce sont là les étapes de la politique de sauvegarde et de mise en valeur que nous

    «  défendons.

    « Ce n’est pas la notion de la mise en valeur des musées, restreinte au plan esthétique  

    « et au plan culturel !

 

         Dans l’article « Le visage du Patrimoine» du bulletin de mars 2000 (voir bulletin n° 39) une citation de Pierre Nora (1) , l’inventeur de l’expression « lieu de mémoire »

présente le rapport du passé avec le présent auquel l’AVA adhère :

 

    « La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants et, à ce titre, elle est en

    «  évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l’amnésie …

    « La  mémoire est un phénomène toujours actuel, un lieu vécu au présent éternel.

    « L’histoire est une représentation du passé… »

          La mémoire n’est pas le rappel du passé : c’est «la présence du passé » et, dans ce sens, Pierre Nora l’oppose à l’histoire .

 

         François Barre, alors Directeur de l’Architecture et du Patrimoine, écrit dans l’ éditorial d’un dossier «  Mémoire et Projet » publié par la revue «Urbanisme » (2)  :

 

    « La mémoire est une maladie mentale si elle fixe tout et n’est pas travaillée par la force

    « volatile de l’oubli. La mémoire joue de la présence et de l’oubli.

    « La présence du passé : ce passé là fait corps avec le présent et s’attarde à attendre le   

    «  futur … »

 

         Cette notion que défend l’AVA de sauvegarder par une insertion active dans le présent avec un regard sur le futur n’est pas encore réellement admise à Pléneuf-Val-André.

 

         Du point de vue de l’AVA, il est ainsi aberrant que la villa «Les Pommiers » bénéficie de la loi sur les monuments historiques, alors que le site de Dahouët ne bénéficie d’aucune protection .

 

         La loi sur les monuments historiques date de I913. L’idée alors était de «conserver » le monument en référence à l’histoire avec un périmètre de protection pour l’isoler du contexte actuel.

         Cette conception de la conservation historique est nécessaire et indispensable pour de œuvres architecturales majeures, ou pour celles qui permettent de garder du passé une trace exceptionnelle.

         La villa «Les pommiers» n’a que le modeste intérêt d’avoir été construite par un disciple de Le Corbusier ; son style architectural serait considéré aujourd’hui comme tout à fait inacceptable. La zone de protection de 500 mètres de la loi de I913 n’ a aucun sens.

         L’AVA propose que dans le cadre de l’élaboration du PLU la municipalité demande aux autorités publiques l’ abrogation de cette protection. Il peut être cependant jugé utile de prendre une simple mesure d’interdiction de détruire, ou de transformer son aspect général s’il est souhaité de conserver ici la mémoire de cette époque .

 

         Mais aujourd’hui, les mesures de sauvegarde les plus fréquentes concernent des ensembles naturels ou urbains qu’il s’agit de protéger pour les garder vivants.

         C’est à cette fin que l’AVA demande depuis des années que les sites de Dahouët et du Val-André bénéficient de mesures de protection.

 

         Pour Dahouët, l’AVA a demandé que, pour le moins, le site soit « inscrit » (voir bulletin n° 31). 

         Toutefois, la seule mesure de « l’inscription » aurait été insuffisante : il fallait qu’en outre soient prises des dispositions dans le cadre de prescriptions architecturales.

         Le bâti, à Dahouët, quai des Terre-Neuvas , est assez homogène. Les prescriptions architecturales a inscrire au PLU doivent être fondées sur un parti d’urbanisme de respect de l’habitat traditionnel . 

         Ailleurs à Dahouët, les prescriptions concernant les volumes et les formes, parfois les matériaux (imposer l’ardoise tout autour du port) seront moins contraignantes. Il s’agit seulement de créer un environnement qui mette en valeur le quai des Terre-Neuvas : ni l’écraser ni l’isoler. Ce qui a été fait au sud du bassin des Salines est l’exemple même de ce qu’il ne fallait pas faire (3) .

 

         Par contre, pour le Val-André, la réflexion sur l’intégration des constructions dans leur environnement relève d’une démarche moins traditionnelle prenant en compte notamment la diversité du bâti existant.

         L’AVA a présenté à plusieurs reprises des réflexions sur cette difficile question

(voir notamment bulletin n° 37 «  L’intégration des constructions dans leur environnement naturel et urbain » )

         L’AVA s’est toujours très vivement opposée à la conception « immeubles-barres» pour le « front de mer », et la première des règles qu’elle a défendue est la limitation de la hauteur des constructions à une hauteur de 13 mètres au faîtage. Elle a défendu en même temps une limitation du coefficient d’occupation du sol (COS), qui ne devrait pas être supérieur à 0,60 % faute de quoi on ne peut pas s’opposer à la construction d’immeubles barres.

         Une règle plus élaborée et plus souple a été proposée :

 

     «  Les constructions doivent respecter l’échelle architecturale du bâti environnant, et le

    « rythme des façades doit rappeler le découpage du parcellaire antérieur ».

 

         Une autre solution consiste à limiter le volume de chaque nouvelle construction au volume de l’immeuble qu’elle remplace. La règle proposée ci-dessus ne s’appliquerait alors qu’aux très rares terrains actuellement non construits.

 

         Pour sauvegarder le charme de la digue-promenade que vante le site de l’Office de Tourisme, quelles autres mesures faudrait-il imposer ?

         Certains responsables de la précédente municipalité envisageaient la solution de délimiter sur la digue-promenade des zones de protection en application de la loi «Paysage »

( voir bulletin n° 37 « La protection du patrimoine naturel et urbain ») et , à l’intérieur de ces zones, de classer quelques immeubles. Faut-il aller aussi loin ?

 

         En accompagnement des mesures concernant les volumes, il est par contre indispensable de fixer les règles sur l’aspect architectural des constructions neuves ou remaniées.

         Faut-il prévoir d’inscrire des prescriptions architecturales dans les articles 11 du Règlement du PLU ; faut-il préférer ne pas imposer des règles uniformes et renvoyer à des recommandations en annexe purement indicatives ?

         Compte tenu de la diversité du bâti actuel, peut-être faut-il préférer pour la digue-promenade le système des recommandations qui permet notamment de traiter chaque cas individuel en fonction de son environnement immédiat. Si en effet les recommandations, par définition, ne s’imposent pas, du moins fournissent-elles des références pour un refus de permis de construire au motif que le projet n’assure pas une bonne intégration à l’environnement immédiat.

         Les auteurs de l’étude faite sur la zone de la digue-promenade en 1995 (Cabinet Aria) suggèrent une solution mixte : ils insistent sur l’importance des clôtures en bordure de la digue-promenade, qui constituent des éléments de liaison, et pour lesquels des prescriptions pourraient être imposées par le Règlement du PLU.

 

         La question de la sauvegarde du charme de la digue-promenade est un élément essentiel du parti d’urbanisme à définir pour cette partie sensible du Val-André. Pour qu’elles s’imposent à tous les propriétaires concernés, ces mesures doivent être inscrites au PLU (dans le Règlement lui-même ou dans les annexes )  (4) .

 

         Par contre, pour la mise en valeur de la digue-promenade et du secteur de Piègu, les moyens relèvent, pour l’essentiel, de l’initiative de la municipalité.

         Du point de vue de l’AVA, cette mise en valeur est étroitement dépendante de l’implantation définitive du Centre Nautique.

         Depuis plus de vingt ans ce Centre est installé, à titre provisoire, partie au Piègu, partie aux Murs blancs.

         L’AVA  a toujours critiqué l’occupation du quai de Piègu (quai Célestin Bouglé) par le Centre Nautique et s’est vivement opposée aux projets successifs d’y regrouper toutes les activités du Centre, notamment toutes les activités de l’école de voile actuellement aux Murs Blancs.

 

  Les prescriptions architecturales pour le front de mer du Val-André :

– Analyse architecturale et urbaine  extrait du Rapport de présentation             

– Prescriptions architecturales  extrait du Règlement.

 

Cette question est encore aujourd’hui en discussion au sein de la municipalité; mais cette municipalité paraît aujourd’hui décidée à trancher.

         Il faut craindre qu’elle décide de consolider la situation « provisoire » en maintenant au Piègu les activités actuelles (voir Historique de l'AVA – Les principales actions de l'AVA ).

         Il est donc particulièrement important d’insister sur l’impérieuse nécessité de mettre en valeur le site du Piègu qui est d’un très grand intérêt esthétique et touristique.

         Il est a priori aberrant que la plus belle partie du Val-André, la plus agréable notamment à la mi-saison, soit occupée par le Centre Nautique.

         La municipalité envisage de prendre des mesures pour dégager partiellement le quai afin de le rendre à l’agrément de la promenade et du chalandage. Mais le bâtiment qui serait construit pour le Centre Nautique occuperait l’espace que pourraient occuper un ou deux commerces pour le chalandage, et des terrasses pour jouir dans ce coin abrité, de la vue magnifique sur le petit port de Piègu , sur toute la plage et, au fond, sur les Murs Blancs. En outre, on ne pourrait pas s’opposer utilement aux débordements inévitables des activités du Centre   sur le quai.

 

         Cette mise en valeur de Piègu devrait s’allier à une mise en valeur de la partie sud de la digue-promenade comprise entre le Grand Hôtel et les Murs Blancs.

         Cette mise en valeur par la construction d’un terre-plein et d’un quai aux Murs Blancs devrait permettre une intégration de toutes les activités du Centre Nautique. Elle s’accompagnerait d’une mise en valeur de cette partie de la plage, un peu méprisée encore aujourd’hui, par une très bonne liaison piétonne protégée avec le parking du Guémadeuc vers lequel il conviendrait d’orienter tous les touristes qui viennent au Val-André essentiellement pour passer quelques heures sur la plage.        

   

         Voir également le thème "patrimoine", tel qu'il a été traité dans les publications de l'AVA depuis 2004.          

 

(1) voir son ouvrage fondamental « Lieux de mémoire » (retour)

(2) n°303 nov./déc.98 (retour)

(3) sur la sauvegarde et la mise en valeur de Dahouët, l’AVA s’est souvent exprimée dans le bulletin et par des « décisions spéciales » de l’Assemblée générales (voir notamment  A.G. 2000 – 3ème décision)   (retour)

(4) sur ces questions, voir Le Plan Local d'Urbanisme (retour)

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